jeudi 16 septembre 2010

BAGNERES-de-BIGORRE

Musée SALIES - musée des Beaux-Arts
(département : Hautes-Pyrénées)

Dernière visite du musée de Bagnères-de-Bigorre le mercredi 27 juillet 2011.

Architecture extérieure étonnante et massive, typiquement Art déco.
Le musée a été constitué en 1852 par la volonté d'Achille Jubinal, député des Hautes-Pyrénées de 1852 à 1870. Il fit don d'une partie de sa collection, à laquelle vinrent s'ajouter d'importants envois de l'Etat dus à l'amitié qui le liait à la princesse Mathilde, cousine de Napoléon III, et maîtresse du comte de Nieuwerkerke, directeur général des Musées impériaux, puis surintendant des Beaux-arts en 1863. Ceci permit un apport de toiles issues des grands Salons parisiens. En effet la collection du musée Saliès est représentative des grands mouvements artistiques de la première moitié du XIXe siècle.
La collection s’accrut à la suite des legs de Justin Daléas, drapier toulousain, qui fit construire le bâtiment actuel, auquel il imposa le nom de la source voisine (Salies) qui l’aurait guéri. Achevée en 1931, sur les dessins de l'architecte Jaussely, la façade est représentative du style mis à la mode par l'Exposition internationale des Arts Décoratifs à Paris en 1925. Superbe colonnade.


Louis-Auguste Moreau : Giotto dessinant un bélier. Plâtre (Salon de 1880)
Louis-Dominique Mathet : L'Effroi.

Dans l'escalier
Clément Belle (1722-1806) : Le Sommeil de Renaud. Armide s'apprête à poignarder Renaud endormi.


Vue de la galerie principale

Louis Desprez (1799-1870) : Buste de Napoléon III.

Anonyme
(17e) : La Fuite en Egypte.

Anonyme (18e) : L'Education d'Achille par le Centaure Chiron (don Jubinal 1855)

Johan Barthold Jongkind (1819-91) : Vue du Pont Royal à Paris.
J.-Baptiste Jongkind : Le Soir sur le canal.
Charles François Daubigny (1817-78) : La Mare au clair de Lune.
Louis-Alphonse Hervier (1818-79) : Un village en Normandie.
Henry Van der Burch : Matin en Italie.
Hugard de la Tour : Le Lac de Thoun.
J.-Louis Demarne : Paysage romain.
Clément Quinton : Vaches.
Charles Léon Godeby : L'Enfant prodigue.
Brissot de Warville : Retour du bétail - Attelage.
Thomas Couture : Le Jardin du Presbytère.

Théophile Blanchard : Délicieux Paysage.
Antoine-Léon Morel-Fatio : La Plage - Le Fort.
Georges Michel : Moulins à vent.
Louis Dieu : Lisière d'un Bois.

Paul-Emmanuel Péraire : Un coup de vent.
Pierre Thuillier
.
Narcisse Diaz de La Peña : Paysage.
Jules Dupré : Le Pin.

Dominique Rozier : Retour de la Halle.
Justin Ouvrié
(1806-80) : Vue d'Amsterdam. Grand et beau tableau.


Pierre-Roch Vigneron (1789-1872) : La Prise de Missolonghi (1827 - Don Jubinal 1858). Tableau inachevé ; seuls le personnage central et les visages sont peints ; le reste de la composition est simplement dessiné au trait de peinture.
La Prise de Missolonghi de Vigneron renvoie à tout un corpus d'œuvres philhelléniques des années 20 et 30, théâtre de la lutte du peuple grec pour son indépendance, la Grèce étant alors une province de l'Empire Ottoman. La guerre d'indépendance commence en 1821 et en 1822, les insurgés grecs proclament leur indépendance. Les Turcs ne tardent pas à réagir. Les poètes et les artistes rejoignent très vite les mouvements philhellènes et décrivent les épisodes de cette guerre. Le Massacre de l'Ile de Chio en 1822 et la résistance héroïque des habitants de Missolonghi qui tombe en 1826 seront décrits par nombre d'entre eux, comme Delacroix en peinture, Lord Byron ou Victor Hugo en poésie. Dans cette composition de Vigneron, probablement l'esquisse d'un grand tableau commandé par le Duc de Choiseul, les Turcs ne sont pas représentés, même de façon allusive. C'est l'allégorie de la lutte des Grecs pour une liberté dédiée à Dieu, plutôt qu'un événement précis qui est décrit ici. Le paysage côtier d'arrière-plan est la seule référence au lieu de l'action. Tout le reste est une composition pyramidale dont le sommet est la croix du calvaire à laquelle s'accroche un personnage féminin tenant le fameux labarum, grand étendard devenu le symbole de la lutte des Grecs orthodoxes contre les Turcs musulmans. Très imprégnée de classicisme, l'œuvre montre une sublimation de la douleur, une détermination dans le sacrifice, pleine de vigueur et de mouvement, ainsi que l'ont ressenti tous les intellectuels européens.
Pierre-Victor Lottin de Laval (1810-1903) : Figure colossale d'un roi de Ninive – Le Golfe de Nicomédie.

Edouard Dehodencq (1822-82) : La Justice du Pacha (1866). Orientalisme. Un des chefs-d'œuvre du Musée Salies, La Justice du Pacha saisit le spectateur, tout comme Dehodencq a été saisi par le Maroc, ses couleurs, sa lumière et les pratiques des habitants de ce pays. N'a-t-il pas déclaré "J'ai cru en perdre la tête" en découvrant ce pays auquel il allait s'attacher passionnément ? La cloison architecturale de l'arrière-plan maintient le spectateur prisonnier de cette scène malgré les deux ouvertures, dont l'encombrement par les personnages interdit toute échappatoire. La participation du spectateur à la scène est renforcée par la présence au premier plan d'objet usuels comme les babouches et la canne. La composition de la toile accentue le côté dramatique de la scène : Les lignes de force diagonales, la disposition des personnages en triangles inversés, le désordre des étoffes renforcent le sentiment dramatique. Dehodencq se considérait comme le dernier des romantiques. Cependant, le soin porté à rendre chaque visage, la précision minutieuse de chaque personnage, le range parmi les réalistes du milieu du siècle.

Jules Joseph Laurens (1825-1901) : L'hiver en Perse. Beau tableau. Laurens accompagne le géographe Xavier Hommaire de Hell lors d'une mission scientifique, géographique et historique en Turquie puis en Perse de 1846 à 1849. Il exécute des aquarelles et des dessins lors de ce voyage. Ces esquisses lui serviront de base pour la réalisation de ses toiles, une fois le confort de l'atelier retrouvé. Voyager en Perse en hiver est une épreuve pénible : le voyageur y trouvait un vent glacial et cinglant, le risque d'attaque par des brigands était réel, le confort sommaire voire inexistant... Laurens a saisi un moment particulier lors de son voyage en Perse. Il fait ressentir les différents volumes grâce à un manteau neigeux qui contraste avec les rochers et les monuments. Ce tableau constitue un exemple rare de paysage orientaliste sous la neige.
Paul Alfred de Curzon (1820-95) : Un rêve dans les ruines de Pompéi. Les ombres des anciens habitants reviennent visiter leurs demeures. (1866)


Théodore Chassériau (1819-56) : St François-Xavier baptisant les Indiens. Esquisse d'une fresque de l'église St Roch.
Attr. à Philippe de Champaigne : Portrait de Charles Patu.
Raffaello di Francesco Botticini (1477-1520) : St Jean Baptiste entre St Antoine de Padoue et St François.

Prosper Baccuet (1798-1854) : Vue de Constantine, prise de Sala Dey (1841)
Adrien Lainné : Vue d’Algérie. Vue de la Baie d'Alcen.

Charles Théodore Frère (1814-86) : Vue du Caire.
Charles Théodore Frère : La Caravane.

Alexandre Roubtzoff : Rue et Minaret de Téboursouk.
Alexandre Roubtzoff : Puits à Hammamet.
Auguste de Pinelli (19e) : Le Turc.



Exposition temporaire sur Ulpiano Checa (1860-1916) : dessinateur et illustrateur.

Ulpiano Checa : Les Huns à Rome (1887)


Exposition Blanche Odin (1865-1947) : Aquarelles - de jolies Fleurs...
En 1938, elle offre à la ville de Bagnères-de-Bigorre 48 aquarelles.
Violettes dans un Panier

Fleurs printannières



La collection orientaliste du musée Saliès


5 commentaires:

Marcelo a dit…

Comme étudiant de peinture, c'est toujours interessant connaître des tableux inachevés comme celui-là de Vigneron.

Jean-Louis Gautreau a dit…

Remarque très intéressante. Un autre tableau très célèbre de Jacques-Louis David est resté inachevé : "Le Serment du Jeu de Paume" (château de Versailles).
Il est évident que les dessins préparatoires, et les esquisses peintes qui précédent le tableau final permettent de comprendre le travail de l'artiste.

Vous dites que vous êtes : "étudiant de peinture". Que faites vous comme études ? Et quel âge avez-vous ?

Marcelo a dit…

Vraiment, j'ai fini mon cours de graduation d'Arts Plastiques le dernier Décembre. J'ai 24 ans. J'aime beaucoup l'art du XIXe siècle et les artistes français sont mon inspiration. Donc, vous pouvez réaliser l'importance de votre blog pour moi.

L'interessant sur ces peintures inachevées c'est de voir comment quelques peintres opérait autrefois. Vigneron, par exemple, ne faisait pas ce qu'on appele en portugais "base monocromada", ou un ébauche des ombres avec des marrons. Et il me paraît qu'il utilisait la toile blanche. Ce sont de choses qui faisent la difference dans l'apparence final du tableau.

Jean-Louis Gautreau a dit…

Je comprends mieux la fidélité et la régularité avec laquelle vous suivez la mise en ligne des musées que j'ai visités.
Je crois avoir signalé que j'avais ajouté quelques nouveaux tableaux pour les musées d'Orléans et de Bordeaux.

J'apprécie toujours vos commentaires.
Pour les artistes néoclassiques français, la "base monochrome" n'était jamais utilisée. En revanche, il y avait de nombreux dessins préparatoires. Les corps étaient dessinés nus, avant d'être "habillés". et lors du report sur la toile, l'artiste commençait par peindre les visages, comme on le voit sur le "Serment du Jeu de Paume" de David.

Jean-Louis Gautreau a dit…

Marcelo,

J'ai ajouté dans le musée du "château de Versailles", une photo du tableau de Jacques-Louis David qui est resté inachevé : "Le Serment du Jeu de Paume" - ainsi qu'un dessin préparatoire.