mercredi 23 septembre 2009

CHATEAUROUX


Musée Hôtel Bertrand
(département : Indre)

Troisième visite le mercredi 3 avril 2013


Statue du général Bertrand dans la cour de l'Hôtel

Napoléon, pour récompenser son fidèle ami le général Bertrand, grand maréchal du Palais qui l’avait accompagné à Sainte-Hélène, avait fait de lui son légataire. Retiré dans son hôtel particulier de Châteauroux, le général avait religieusement conservé les émouvants souvenirs de l’Empereur.

Souvenirs napoléoniens, autour du général Bertrand et du général Desaix.
- Sabre porté par Bonaparte à la bataille d’Aboukir.
 

- Souvenirs du général Desaix mortellement blessé à la bataille de Marengo : pistolets de récompense, poignard oriental, masse d’arme oriental, etc.
- Portrait du général Henri-Gatien Bertrand (pastel de 1808).
- Objets personnels de Napoléon et de l’Impératrice Joséphine, dont un nécessaire de campagne en vermeil.
- Pièces de mobilier et arts décoratifs d’époque Empire.
- Bâton et cachet du Grand Maréchal du Palais.
- Aquarelle de Longwood et documents de Sainte-Hélène, iconographie et imagerie populaire.
- Objets du culte impérial.
 


- Volière de Sainte-Hélène (à la demande de Napoléon, des artisans chinois l’ont réalisée en 1817 d’après des plans dessinés par le général Bertrand. Ce dernier l’a ramenée en 1840 à bord de la frégate « La Belle Poule »).

Joseph Louis-Philippe Bellange (1800-66) : Les Grenadiers.
Louis Eugène Ginain (1818-86) : La Mort de Desaix à Marengo.
Horace Vernet (1789-1863) : Portrait du général Bertrand. (esquisse)
Guillaume Descamps (1779-1858) : Portrait du général Desaix.
Médaillon en bronze de David, représentant le général Bonaparte.
Baron François Gérard () : La Peste à Marseille.
Jean-Paul Etienne Balze (1815-84) : Le Triomphe de Napoléon. Allégorie. Napoléon en empereur romain dans un char.
Robert Lefèvre () : Portrait de la reine Hortense. D’après Gérard.
François-Frédéric Grobon (1815-1901) : Fleurs et fruits. 2 pendants (ovales).
Antoine-Denis Chaudet (1763-1810) : Buste de Napoléon 1er, en marbre.

Bronzes :
Napoléon 1er à cheval
, par Meissonnier ;
 

Vicenzo Vela : Les derniers Jours 
Girodet de Roussy-Trioson : 3 études au pastel pour "Napoléon recevant les clés de la ville de Vienne" (tableau du musée de Versailles).
Et un "Portrait de jeune femme".
Auguste Borget (1809-77) : petits tableaux de scènes chinoises (Pêcheurs des côtes de Chine), ou indiennes (Vue de Calcutta).



Grand salon 
Pierre Louis de Laval (1790-1870) : Portraits de Mme la baronne de Sugny. Deux grandes toiles.
 
Ferdinand Georg Waldmüller (193-1865) : Portrait de Mme Hanska avec un épagneul.


Encrier de Cambacérès remis à Mme Thabaud-Boislareine à Bruxelles.

Jacopo da Ponte (?) (d'après J. Bassano) : L'Annonce aux Bergers. Scène nocturne. Dans la partie supérieure, au milieu, un ange, au centre d'une étoile rayonnante ; dans la partie inférieure, traité en clair obscur, des bergers endormis ou s'éveillant, au milieu d'animaux domestiques : moutons, chèvres, chiens, etc.
Ecole du nord : Portrait de Zaccaria Contarini.


 
Augustin-Alphonse Gaudar de Laverdine (Bourges 1780- Sienne 1804) : Peintre néoclassique. Grand Prix de Rome en 1799. Mort à 24 ans, pendant son séjour en Italie.
-Narcisse se mirant dans l'eau (1800-01). Etonnante version de Narcisse : il est assis, nu, sur un rocher ; les traits du visage sont assez féminins (jolis cheveux bouclés) ; une branche délicatement feuillue lui sert opportunément de cache-sexe. On a l'impression qu'il trempe délicatement, frileusement, son orteil dans l'eau, comme pour en vérifier la température. En fait, il est en appui sur ses mains, et il tend son pied pour troubler son image qui se reflète dans l'eau. Il est indifférent à la présence d'Echo qui l'observe. A gauche, celle-ci est nue, à demi dissimulée par des feuillages.
-Ariane abandonnée par Thésée. (1802) Académie féminine assez froide.


 
Augustin-Alphonse Gaudar de Laverdine : Roland furieux (1803-04). Un homme nu, arc-bouté, brise un tronc d'arbre (des pièces d'armure à ses pieds). Episode tiré du "Roland furieux" de l'Arioste, (chant XXIII) : "Il déracine un grand pin d'un seul coup". (Voir cycle de 12 peintures au musée de Montferrand)
 

-Torse en demi-figure. Un jeune homme torse nu (coupé à mi-cuisses), assis, appuyé sur son coude droit, tient une "lance" dans sa main droite. Un tissu recouvre les cuisses, mais laisse voir le bas ventre. Le regard perdu vers le coin supérieur gauche. 

Louis-François Cassas (1756-1827) : Procession du Sultan Selim III le jour du Baïram (1798). Aquarelle. 

Jean-Léon Gérôme : Statue équestre de Bonaparte entrant au Caire. Bronze.
Louis-Eugène Ginain : Mort de Desaix à Marengo.

Dans des vitrines :
-Petit nécessaire de campagne de Napoléon 1er.
-Couvre-plat en argent surmonté d’un aigle, provenant de l’argenterie de Sainte-Hélène.
-Habit de Cour du général Bertrand.
-Lit de campagne du général Bertrand.
 
Jean Jouvenet (1647-1717) : Tête de vieillard. (à barbe blanche)
Nicolas de Largillierre (1656-1746) : Portrait d’homme.
James Bertrand (1823-87) : La Mort de Virginie.
Joseph Vernet (1712-89) : Tempête. (ou Naufrage). Une barque renversée près d’une côte rocheuse. Des survivants rassemblés sur un rocher.
Philippe Loutherbourg (1740-1812) : Pêcheurs au clair de lune.
Hugues Fourreau (1803-73) : Portrait de Ferdinand de Lesseps.
Camille Roqueplan (1800-55) : Entrée d’un port.

Michel-François Dandré-Bardon (1700-83) : Tullie fait passer son char sur le corps de son père. (étude du tableau de Montpellier – autre petite esquisse à Orléans ) A gauche, Tullie est dans son char tiré par deux chevaux blancs fougueux ; un écuyer est sur l'un des chevaux. Belle peinture puissante, pâte épaisse, touche large, beaux mouvements.
 

Viviano Codazzi (1604-70) : L’Adoration des Mages. La scène se déroule au milieu d’importantes ruines romaines inspirées de la Basilique de Maxence.


Anonyme français (vers 1460-65) : Portrait de Zaccaria Contarini, ambassadeur de Venise auprès du roi  de France Charles VIII. 
Jacques Courtois : Choc de Cavalerie.
Jacques Stella (1596-1657) : Vierge à l'enfant. Avec Joseph (à droite), et 2 anges qui offrent de la nourriture à Jésus, sur un plat. Très joli.
François Auguste Charodeau (1840-82) : L’Espagnole.

Caruelle D’Aligny (1798-1871) : Paysage. Proche de l’école de Barbizon.
Charles-François Daubigny (1789-1871) : La Plage de Dieppe – Bords de rivière.

Léon Detroy
(1857-1955) : Le Moulin du Pin de la Creuse. Néo-impressionniste.
Paul Madeline (1863-1920) : Plusieurs œuvres impressionnistes.
Armand Guillaumin.
Allan Osterlind (1855-1938) : Portrait du poète Rollinat avec son chien.
Antony Troncet (1879-1939) : Autoportrait en extérieur. Beau pastel.
-Autoportrait en costume sombre. Plus âgé. Pastel.
-Le Songe de Philéas. Titre du tableau : « Le Songe de Philétas ». Triptyque. Volet gauche : Un jeune pâtre assis, nu, joue de la flûte. Panneau central, un beau jeune homme nu, debout près d’une jeune fille assise ; sur la droite un vieil homme. Volet droit : une jeune fille nue assise. Arrière plan de moutons et de chèvres.

Bernard Naudin (1876-1946) : Plusieurs œuvres. Le Sans-culotte assis.
 

Claes Dircksz van der Heck (1571-1648) : Scène de Sabbat. Scène fantastique. De nombreux monstres dans un paysage, avec des éléments d'architecture classique. A la base de la colonne, qui se dresse presque au centre du tableau, un personnage se plante une pipe dans l'anus ; un autre urine dans la bouche d'un "faune" allongé au-dessous de lui ; le faune urine dans le verre tenu par une vieille femme. Le ciel est envahi de sorcières à cheval sur un balai, de monstres ailés, et à califourchon sur des montures variées.
Gotfried Schalken (1643-1706) : Jeune femme tenant une lampe. Joli petit tableau traité en clair obscur.
Egbert van der Poel (1621-64) : Incendie nocturne. Scène de rue.


Hendrick Cornelisz van Vliet (1611-75) : Intérieur de la vielle église de Delft (1655)
 

Frans II Francken (1581-1642) : Histoire d'Esther, le Festin d'Assuérus. (costumes orientaux)
Jan Brueghel de Velours et van Balen : Le Repos de la sainte Famille. Médaillon central dans une couronne de fleurs.
Adrien Brouwer (1608-38) : Scène de Cabaret.
 
Brassauw : série de médaillons peints sur cuivre.

Jan-Miense Molenaer : Les Apprêts du Repas. Scène de genre d'intérieur.
La Tireuse de carte. A gauche, un homme fumant sa pipe.
Hendrick Verschuring : Intérieur d'écurie.
Thomas de Keyser : Seigneur et son cheval.

Willem Claesz Heda (1594-1680) : Nature morte. Superbe et grande composition.
 

Jan Verkolje (1650-93) : Une Famille hollandaise. A gauche, une fillette tenant une corbeille d'osier pleine de fleurs, avec à ses pieds un petit chien sautant joyeusement ; à droite, la mère, assise, tend un fruit à la fillette; Le père, debout, derrière sa femme.
Jan van Goyen : Paysage rhénan et ville d'Elten.

Jean Bys : Sur la Plage.
Jan Josef Horemans (1714-90) : La Signature du contrat.
Coustou : petit marbre.

Langendyck : Au centre, un jeune homme, monté à cru sur un cheval blanc, désigne 2 hommes nus qui se baignent dans la rivière (à gauche), à deux jeunes lavandières (à droite).
Andreas Schelfhout (1787-1870) : Scène de patinage.
Horace Vernet (1789-1863) : Portrait d'un moine.
 


Salle 24.


Camille Claudel : Paul Claudel enfant en jeune romain. Buste en bronze. 

Camille Claudel : Grand plâtre original de Sakountala (environ 1,80 m de haut). Don de l'artiste.
Jean-Baptiste Carpeaux : Bacchus. (Buste en bronze)
Auguste Rodin : Buste en plâtre de Napoléon 1er.
Paul Ange Nocquet (1877-1906) : Forçats. Superbe groupe d’hommes nus rassemblés autour d’un gros bloc de pierre ; ils poussent, tirent, soulèvent. Attitudes variées en plein effort. Très beau.
Ernest Nivet (1871-1948) : Plusieurs plâtres.


Sculptures de Barye.
Emmanuel Frémiet (1824-191) : plusieurs bronzes.

 
Expo temporaire (octobre 1999) : Augustin-Alphonse Gaudar de Laverdine (Bourges 1780- Sienne 1804) : Grand Prix de Rome 1799. (peintre néoclassique) Mort à 24 ans, pendant son séjour en Italie.

Au printemps 1999. Expo temporaire de dessins contemporains : (Galerie Lelong)
Pierre Klossowski : Sans titre (1984). Deux jeunes garçons, allongés, nus sur un lit.
-La Roberte des 4 jeudis.
Segui - Ernest Pignon Ernest - Michaux - Jean Dubuffet - Pierre Alechinsky - Appel - Fred Deux -
Herman Braun-Vega : Très beau. Grandes compositions.

Bel ensemble de stèles gallo-romaines au rez-de-chaussée.


Dans la grande salle du couvent des Cordeliers, expo temporaire : collection d'art contemporain du musée, complétée par d'autres œuvres.
Maurice Estève - Marfaing - Georges Mathieu - Messagier - Olivier Debré - Zao Wou Ki - Jean Miotte - Hans Hartung (beau) - Kijno - Erro (6 œuvres) - James Pichette (je n'aime pas du tout) - Valerio Adami (6 œuvres) -
Bel ensemble de sept œuvres de Peter Klasen - Velickovic (5 œuvres) - Cueco - Beaudin - Viala - Gérard Titus-Carmel - Pincemin - Garouste -
Expo temporaire aux cordeliers. Mai 2002 : Alain Jacquet.


Un objet étonnant :
 
Le fabuleux reliquaire de Vivant Denon dont le contenu défie l'imagination ! Ce sont ainsi des épisodes - des morceaux - de l'histoire de France, inconnus, saugrenus, surprenants qui surgissent du passé non pas comme des fantômes mais comme la preuve que les destins exceptionnels continuent à vivre dans notre présent.
"Ce reliquaire est le véritable Graal de la relique profane".
Philippe Sollers dans sa biographie de Denon reprend la description du reliquaire donné dans une « Description des objets qui composent le cabinet de feu M. Le Baron Vivant Denon : Estampes et ouvrages à figures » :
« Reliquaire de forme hexagonale et de travail gothique, flanqué à ses angles de six tourillons attachés par des arcs-boutants à un couronnement composé d'un petit édifice surmonté de la croix: les deux faces principales de ce reliquaire sont divisées chacune en six compartiments, et contiennent les objets suivants.
-Fragments d'os du Cid et de Chimène trouvés dans leur sépulture, à Burgos.

-Fragments d'os d'Héloïse et d'Abélard, extraits de leurs tombeaux, au Paraclet.
-Cheveux d'Agnès Sorel, inhumée à Loches, et d'Inès de Castro, à Alcobaça.
-Partie de la moustache de Henri IV, roi de France, qui avait été trouvée tout entière lors de l'exhumation des corps des rois à Saint Denis, en 1793.
-Fragment du linceul de Turenne.
-Fragments d'os de Molière, et de La Fontaine.
-La moitié d'une dent de Voltaire
-Cheveux du général Desaix.»

Deux des faces latérales du même objet sont remplies : L'une par la signature autographe de Napoléon. L'autre par un morceau ensanglanté de la chemise qu'il portait au moment de sa mort, une mèche de ses cheveux, et une feuille du saule sous lequel il repose dans l'île de Sainte Hélène.


L’authenticité de la majorité des reliques ne fait que peu de doute comme le rappelle M. Richard-Desaix dans un article sur la relique de Molière* : en effet, nombre des tombeaux des personnages en question ayant été ouverts pendant la Révolution ou l’Empire.
-Les restes de Molière et de La Fontaine avaient été prélevés lors de leur exhumation du cimetière Saint Joseph en 1792.
-La moustache d’Henri IV avait été sauvée du saccage des tombes des Rois de France en 1793.

-Les cheveux de Desaix, les deux hommes étaient amis depuis l'Egypte, furent vraisemblablement coupés lors du déplacement du corps du général du couvent San Angelo à l’hospice du Grand St Bernard en 1805. De plus Denon conservait aussi après l’Empire le pouce de la statue de Desaix nu de la place des Victoires à Paris.
-Les ossements d’Inès de Castro, du Cid et de Chimène, ils furent récupérés par Denon pendant la guerre d’Espagne, notamment à Burgos.

Reliques de : Henri IV - Turenne - Molière - La Fontaine - Voltaire - Desaix

Cheveu de Napoléon et feuille de saule de son tombeau à Ste-Hélène

Le reliquaire de Vivant Denon





6 commentaires:

Anonyme a dit…

Un merveilleux petit musée de province comme on aimerait en visiter plus souvent. Espérons qu'il résistera longtemps au béton, au verre, à l'acier et aux spots des "muséologues" qui ont massacré ceux de Brives, Poitiers, Angoulême, etc.

Jean-Louis Gautreau a dit…

Le musée de Poitiers est une grande catastrophe architecturale (déjà ancienne - dans le livre d'or du musée j'avais proposé de l'exiler au fin fond d'un désert, en ne lui permettant de construire que des châteaux de sable).
En revanche, à mon avis, la rénovation des musées d'Angoulême ou de Quimper sont de superbes réussites.
je ne connais pas celui de Brive.

Anonyme a dit…

Merci pour le travail précis que vous offrez. Vous venez de me donner la référence et la description d'un tableau que je cherchais depuis longtemps.

Jean-Louis Gautreau a dit…

Je suis toujours heureux d'apprendre que les informations mises sur ce blog ont rendu service à quelqu'un.
Pourtant, il faudrait que je retourne à Châteauroux pour compléter les illustrations...

Pierre Remérand a dit…

Le portrait d'homme n'est pas de Cornelis Bisshop. C'est le portrait de Zaccaria Contarini par un anonyme français ou de l'école du Nord, ambassadeur de Venise auprès du roi de France Charles VIII, vers 1460-65.

Jean-Louis Gautreau a dit…

Merci pour cette rectification dont j'ai immédiatement tenu compte.

Cordialement