dimanche 6 novembre 2011

LE CAP d'AGDE


Le musée de l’Ephèbe
Musée d’Archéologie Sous-Marine



Visite du musée le samedi 29 octobre 2011

Ce musée ne rentre pas réellement dans le projet de ce blog, mais les pièces exceptionnelles qui y sont conservées expliquent ce choix.
Inauguré en 1987, le Musée de l’Ephèbe est le premier à se consacrer exclusivement à l’archéologie sous-marine et subaquatique.
Dans la pinède du Cap d'Agde, il présente la plus importante collection française de bronzes antiques trouvés in-situ.Les collections présentées proviennent des fouilles du GRASPA (Groupe de recherches archéologiques sub-aquatiques et de plongée d'Agde), et des groupes de plongée locaux.

Le musée est organisé en 3 départements distincts :
-Le département moderne : céramiques médiévales, armement de la flotte royale, et cargaisons d'épaves du XIIe au XIXe siècle.
-Le département antique : le commerce maritime (amphore, vaisselle), la cité grecque et le bateau antique (architecture navale, ancres, vie à bord), une mosaïque illustrant une scène peu connue de la mythologie gréco-romaine, "Le Jugement de Marsyas".
-Le département des bronzes : l'Ephèbe d'Agde, un prestigieux bronze grec découvert dans les eaux de l'Hérault en 1964, daté du IVe siècle avant J-C, un trépied en bronze étrusque, une série de canons pierriers, une aile de victoire, et des pièces exceptionnelles découvertes récemment : deux statues romaines (Cupidon et un jeune garçon vêtu d'une tunique romaine) datées entre le 1er siècle avant et le 1er siècle après J-C.

Le musée est passionnant à parcourir, de nombreux panneaux explicatifs relatent les circonstances des découvertes et les techniques de conservation mises en œuvre.
Disposé sur 3 niveaux, les collections sont présentées de façon rationnelle, chronologique et attractive, en partant des époques plus récentes pour s'enfoncer peu à peu dans le temps. Les collections sont étonnament riches et variées. L'émotion culmine en fin de parcours avec la découverte de la pièce majeure du musée, une merveille magnifiquement mise en valeur : le bronze d' Alexandre le Grand.


Département des bronzes
L’Ephèbe ou l’Alexandre d’Agde
Découverte le 13 septembre 1964 dans le fleuve Hérault, par Jacky Fanjaud (du GRASPA), la statue de l'Ephèbe d’Agde, grand bronze antique représente un jeune homme dans la nudité héroïque d’une hauteur de 1,33 m. Cette œuvre d'art de style grec fut nommée ainsi au moment de sa découverte, dans l’attente d’une identification plus précise. L’épaule gauche porte une chlamyde repliée dans les deux sens, laissant tomber un drapé lourd vers l’arrière qui vient s’enrouler sur l’avant-bras ; cette manière de porter ce manteau correspond au vêtement militaire macédonien. Le corps au torse élancé possède une musculature apparente et légère, en plein accord avec la jeunesse adolescente du sujet. La tête tournée sur la droite est légèrement inclinée vers l’épaule. Le visage porte une expression douce et juvénile, au profil fin et conventionnel, nez dans le prolongement du front, menton rond, pommettes hautes. Les lèvres minces et la finesse des traits laissent poindre une expression individuelle. Sur l’arrière d’une chevelure symétriquement répartie, le diadème retenant l’ensemble de la coiffure se rapproche du modèle en argent doré de la tombe de Philippe II de Macédoine, emblème royal.
L’ensemble de l’œuvre évoque le style du sculpteur Lysippe de Sicyone. Cet artiste a beaucoup travaillé le bronze, il s’est particulièrement intéressé aux effets gestuels ; sensible à la beauté des athlètes, il excellait dans l’art du portrait, créant tout particulièrement des effigies réalistes et sublimées d’Alexandre le Grand. Les textes antiques expliquent comment Lysippe sculptait les portraits d’Alexandre ; le cou légèrement penché vers l’épaule gauche, le regard relevé et une certaine douceur des traits. Quelques portraits d’Alexandre de Lysippe montrent des similitudes avec son style la coiffure léonine du conquérant et les mèches dressées sur le front, sa jeunesse et son air rêveur. Il est difficile d’affirmer, qu'Agde possède un véritable portrait d’Alexandre exécuté par Lysippe. Mais son visage est très proche des portraits idéalisés d’Alexandre ce qui laisse penser qu'il s'agit plus que d’une inspiration.

Seule statue en bronze de la période hellénistique (IVe s. avant JC) à avoir été découverte en France (et présentée in-situ), «l’Ephèbe» d’Agde est une représentation d’Alexandre le Grand.
L’avant-bras gauche est une restauration antique (à l'époque romaine) sur une statue plus ancienne, et donc importante.Une nouvelle restauration a eu lieu en 2009-2010.
Alexandre en cours de restauration


Le 26 décembre 2001, Nicolas Figuerolles, plongeur amateur, a découvert fortuitement dans le sable, par environ 6 mètres de fond à 400 m au large du Cap-d'Agde, deux statues en bronze tout à fait exceptionnelles. Une tempête et l'action du courant sous-marin qui a déplacé des bancs de sable sont à l'origine de cette découverte. Bien qu'incomplètes, les statues étaient dans un état de conservation remarquable permettant d'apprécier la très grande qualité de leur modelé et de leur facture. Ces deux statues en bronze, de 65 et 80 cm de haut, représentent deux enfants.

Eros en bronze
La première est un Amour ou « Eros » nu, magnifique bambin potelé dont les pieds reposent sur un socle circulaire à tores et qui regarde vers le lointain. Malheureusement, ses bras et ses ailes manquent.

"Césarion". Bronze
La seconde statue, plus originale et de très belle facture, est un jeune garçon au déhanché élégant dont le manteau rejeté vers l'arrière dévoile une tunique courte. Chaussé de sandales à lanières, il porte à la cheville un bracelet à motif de serpent et, sur la tête, une coiffe ornée d'une possible évocation solaire. Il portait vraisemblablement des boucles d'oreilles. Toutes deux indiquent une origine italique et pourraient dater de l'époque hellénistique tardive ou du début du Haut Empire (entre le Ier siècle avt. et le Ier siècle apr. J-C).
Cet enfant royal pourrait représenter Césarion, fils de Cléopâtre et de César.

Depuis mai 2003, ces deux pièces remarquables occupent une place de choix auprès du célèbre « Éphèbe d'Agde » portant ainsi la collection des bronzes d'Agde au niveau national et même international de par leur rareté et leur conservation.

Une magnifique aile en bronze provenant probablement d'une Victoire


Département antique
Mosaïque romaine : Apollon et Marsyas.
Importante collection d'amphores romaines de différents types :
Amphores à col, bouchonnées de liège
Chaque forme correspond à une provenance différente, ou à un usage spécifique.

Reconstitution partielle d'une fouille sous-marine


Une des nombreuses ancres romaines présentées. Dans les trous inférieurs des morceaux de bois étaient insérés pour accrocher le fond marin.Grandes jarres à vin romaines

Cruche romaine en bronze très raffinée. L'anse est en forme de lion.

Très nombreuses pièces archéologiques romaines de toutes sortes.

Vue de l'espace intérieur du musée. A l'étage inférieur, reconstitution d'un atelier de bronzier romain.


Département moderne
Canons anciens XVIIe-XVIIIe s.
Des maquettes de bateaux et de nombreux objets trouvés dans les épaves : ustensiles divers, instruments de navigation, armes (certaines sont présentées dans leur état originel, dans leur gangue de concrétions), etc.

Un dernier regard sur Alexandre.


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