jeudi 29 mai 2008

CHERBOURG

Musée Thomas Henry - 4 Rue Vastel.
(département: Manche)

Visite le dimanche 21 mai 2000

Ce musée porte le nom de son plus généreux donateur, Thomas Henry (1766-1836), amateur d'art éclairé devenu, sous la Restauration, Commissaire expert des Musées Royaux. En d'autres termes, conseiller auprès du Louvre pour les acquisitions et les campagnes de restauration. Doté d'un œil et d'un flair remarquables, Thomas Henry avait mis à profit ses connaissances, et ses nombreux voyages en Europe, pour se constituer une très belle collection d'art occidental, couvrant plus de quatre siècles de création artistique, du Quattrocento aux années 1830.
Il fit don à sa ville natale de sa collection personnelle : 163 tableaux de haute qualité et 4 sculptures qui constituèrent le premier et le principal fonds du musée, qui a été inauguré à l’hôtel de ville le 29 juillet 1835. Cette collection rassemble de nombreux maîtres italiens, hollandais, flamands, français.
En 1915, le musée reçut un legs exceptionnel composé de nombreux portraits de Jean-François Millet, ainsi qu’un fonds de dessins.
En 1983, le musée quitte le local étroit et inadapté de l’hôtel de ville ; il est accueilli au sein du nouveau centre culturel. Il est dommage que ces œuvres de qualité soient présentées dans des locaux aussi peu agréables.
Une importante campagne de rénovation est prévue à compter de 2012... 

2016 - La rénovation est achevée !


Notes prises lors de la visite du musée de Cherbourg, le dimanche 21 mai 2000.
Petite expo autour d'un tableau récemment restauré :

Charles Le Brun : L'Assomption de la Vierge. (restauré)
Philippe de Champaigne (1602-74) : La Nativité. (Ph. de Champ., p. 67 ; prêt du musée de Lille).
L'Assomption. En contre-plongée. (musée de Cherbourg)
La Naissance de la Vierge. Dessin du Louvre.

Fra Filippo Lippi di Tomaso, dit Filippino Lippi (1457-1504) : La Mise au tombeau. Composition pyramidale. Disposition inhabituelle : Jésus est debout dans le tombeau, soutenu par Marie (à gauche), Madeleine (à droite), et Joseph d'Arimathie.

Lavinia Fontana (1552-1614) : L'Adoration des Mages. La scène principale est rejetée dans l'angle inférieur gauche ; le centre de la composition est occupé par la croupe d'un cheval blanc. (donation Thomas Henry)


Sebastiano Mainardi (1460-1513) : Vierge à l'enfant, avec J.-Baptiste et 3 anges.
Maître de la légende de Ste Ursule ((XVe) : Madone sur un trône entourée d'anges. Un ange tient une couronne au-dessus de la tête de la Vierge. A gauche, la Visitation, l'Annonciation et 3 anges ; à droite, Joseph (?) dans l'entrebâillement d'une porte, et deux anges musiciens.
Giovanni da Fiesole, dit Fra Angelico (1387-1455) : Conversion de St Augustin. Petit panneau. Augustin méditant dans un jardin luxuriant. (donation Thomas Henry, cat.)
Hendrick Corneliz van der Vliet (1611-75) : Vue intérieure d'un vieux temple de Delft. Grand format.
Melchior de HondeKoeter (1636-95) : Singe et Perroquet.
Franck Frans II le jeune (1581-1642) : Le Christ et la femme adultère.
Rachel Ruisch (1664-1750) : Fleurs.
Jan Massys (1509-1575) : Joyeuse compagnie. Scène de taverne ; quatre homme grivois entourent une servante d'âge mûr. (cat.)
Willem van der Aelst (1625-83) : Bouquet de fleurs. Somptueuse composition.

Jacob Jordaens (1593-1678) : Adoration des Mages. (donation Thomas Henry)
Paul Bril (1554-1626) : Paysage.
 

Pieter van Mol (1599-1650) : Descente de croix (Déploration).
Hendrick van Balen - Jan I Brueghel (de Velours) : Allégorie de la Terre. Scène champêtre ; le groupe central est encadré de deux ouvertures sur un paysage.
Jacob van Loo (1614-70) : La Mélancolie.

Gérard de Lairesse (1641-1711) : Allégorie de la ville d'Amsterdam.
Thomas Wyck (1616-77) : Intérieur rustique.
Jan van Kessel (1626-79) : Série de 10 petites natures mortes, légumes, oiseaux, fruits, etc.

Jacob Willemsz de Wet (1610-71) : Daniel tuant le dragon de Baal. Manière de Rembrandt. Vision à contre jour.
At. de Lucas Cranach (1472-1553) : Deux petits panneaux.
Portrait de Frédéric III le Sage - Portrait de Jean le Constant.
Anton van Dyck (At.) (1599-1641) : Atalante et Méléagre.
Jacopo da Ponte, dit Jacopo Bassano (1516-92) : Deux toiles.
L'Automne - L'Hiver. Scènes de la vie paysanne quotidienne, de nombreux détails intéressants. Attitudes magnifiques des personnages : naturel, beaux raccourcis ; belles étoffes ; couche picturale très légère, le grain de la toiles reste apparent.
Giovanni Paolo Pannini (1691-1765) : Vue du campo Vaccino à Rome - Vue du Colisée et de l'arc de Constantin.
Andrea Locatelli (1693-1741) : Paysage. Composition ovale. Un grand arbre sombre à gauche ; à droite, ouverture sur un paysage accidenté.
Hubert Robert (1733-1808) : Le Temple de Vesta et l'Arc de Janus - Le Colisée et l'Arc de triomphe.
Jacques Blanchard (1600-38) : Sainte Famille.
Hyacinthe Rigaud (1659-1743) : Portrait du financier Montmartel et de sa femme.
Louis Licherie de Beurrie (1629-87) : Ste Famille.

Simon Vouet (1590-1649) : Cérès foulant aux pieds les attributs de la guerre.
Jan Frans van Bloemen (1662-1749) : Paysage.
At. de Frans van der Meulen (1632-90) : Choc de cavalerie.
Alexandre Couder (1808-79) : Intérieur. Bric-à-brac romantique.
Antoine Coypel (1661-1722) : Episode de don Quichotte.

Nicolas de Largillierre (1656-1746) : Deux toiles. Portrait d'homme.
Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson (1767-1824) : Portrait d'homme en habit bleu.


J.-Baptiste Greuze (1725-1806) : Portrait du baron Denon.

Jacques-Louis David (1748-1825) : (cat.) Patrocle. Très beau nu masculin de 3/4 dos arrière. ("Hector" à Montpellier)
Paul Emile Detouche, dit Destouches (1794-1874) : Schéhérazade racontant les mille et une nuits. Toile orientaliste.


J.-Baptiste Oudry (1686-1755) : Aigle attaquant un Lièvre. (1835 - donation Thomas Henry)

Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1779) : Table de cuisine.
Francisco Herrera le vieux (1576-1656) : Saint personnage (Job ?) - David priant le Seigneur.


Bartolomé Esteban Murillo (1618-82) : Le Christ au Calvaire. (donation Thomas Henry)
Francesco Furini (1604-46) : Judith s'emparant de l'épée d'Holopherne.

Jacopo Palma le jeune (1544-1628) : La Mort de Sisara. Une femme (Jahel) plante, à coups de marteau, un clou dans la tempe de Sisara (général de l'armée de Jabin), allongé sur le sol.

Ecole italienne (XVIIe) : La Mort de Hyacinthe. La mort a été provoqué par une balle, au cours d'une partie de jeu de paume (raquette sur le sol !). Composition complexe, confuse et peu réaliste : enchevêtrement de bras et de jambes.

Bartolomeo Schedone (1570-1715) : Martyre de St Sébastien. Beau nu. Sébastien n'a reçu qu'une flèche. A gauche, l'armure de Sébastien ; à droite, un drapeau multicolore.
Carlo Saraceni, dit Veneziano (1585-1620) : St Pierre pleurant sa faute.
Francesco Solimena (1657-1747) : Le Songe de Jacob.
Pierre Subleyras (1699-1749) : La Justice.

Christofano Allori (1577-1621) : Le Sacrifice d'Abraham. Belle et grande composition. Beau nu du jeune Isaac.

Jacques Stella (1596-1657) : Ste Famille. Tenu par sa mère, Jésus est à cheval sur le dos d'un agneau. Jean Baptiste donne à l'agneau de petites fleurs à brouter.
Nicolas Poussin (1594-1665) : Pieta. Belle œuvre dramatique de petit format (ovale). (
donation Thomas Henry)


Philippe de Champaigne (1602-74) : Portrait d'homme d'église.

Eustache Le Sueur (1617-55) : Venite ad me omnes. Un angelot tient le phylactère portant la devise latine, au-dessus de la tête de Jésus.
Charles de La Fosse (1636-1717) : Présentation au Temple - Mort de la Vierge.
Joseph Vivien (1657-1735) : Portrait d'un architecte.
Joseph Vernet (1714-89) : Paysage, vue d'Italie. Lavandières au premier plan. Le paysage est dominé par une forteresse au sommet d'un escarpement rocheux. (donation Thomas Henry)
François André Vincent (1746-1816) : Job raillé par sa femme. Esquisse.
Pierre-Paul Prud'hon : Assomption.
Louis-Léopold Boilly (1761-1845) : L'Atelier de Houdon.
Nicolas Bernard Lépicié (1735-84) : La Demande accordée. Scène de genre.


Horace Vernet (1789-1863) : Edith retrouvant le corps de Harold.
Gustave Doré () : Nocturne aux Elfes.


Jean-Louis Petit : Vue du quai Napoléon de Cherbourg en 1838.

- Série de peintures "Troubadour".

Pierre Nolasque Bergeret (1782-1863) : Filippo Lippi, esclave à Alger, fait le portrait de son maître (1819)

Importante collection d'oeuvres de Jean-François Millet (né à Gruchy 1814-1875) :


Amand Ono, dit l'homme à la pipe.
Amand Ono, beau-frère de l'artiste - Portrait de Pierre Ono, beau-père de l'artiste -

Jean-François Millet : Autoportrait.

Pauline Ono, en déshabillé.
-Portrait de Pauline Ono, en bleu.
-Mme veuve Roumy - Catherine Lemaire, 2e épouse du peintre -
-Portrait de Me Valmont - Une tante de Pauline - -Mme Simon de Vandiville et sa mère.
-La Belle-mère de l'artiste - Portrait de Javain.
-Moïse tenant les Tables de la Loi - L'Amour vainqueur
- Falaise de La Hague.

Jean-François Millet : Le Rocher de Castel-Vendon (1848)

Théodore Rousseau : La Mare aux chênes - Rochers de Fontainebleau.
Karl Daubigny : Vue de Château-Gaillard.
François Ravier (1814-95) : Paysage. (deux)
Eugène Boudin (1824-98) : Retour de pêche au soleil couchant.

Salle Fouace

Guillaume Fouace (1837-95) : L'Espoir du Pêcheur


Guillaume Fouace : Départ pour Jersey


Guillaume Fouace : Retour de pêche - Plage de Réville
Guillaume Fouace (1837-95) : Autoportrait.

Bel ensemble de natures mortes de Guillaume Fouace :
Guillaume Fouace (1837-95) : Le Panier renversé (1874)


Guillaume Fouace : Le Lièvre et le Chaudron (1886)

Claude Michel, dit Clodion (1738-1814) : 4 bas-reliefs en terre cuite.
La Peinture et la Sculpture – L’Astronomie et la Géométrie – L’Architecture et la Géographie – La Poésie et la Musique
. (don Thomas Henry, 1831)

2001 - La ville de Cherbourg-Octeville a procèdé à l'acquisition d'une œuvre majeure de Jean-François Millet : La Charité. Huile sur bois (1859).
Ce tableau était connu par le dessin préparatoire mais la localisation de la peinture était un mystère. Il était en fait conservé par des membres de la famille Vanderbilt. C'est à l'occasion d'une succession qu'il a été retrouvé par
Alexandra Murphy. Ce tableau était considéré par Millet lui même comme l'un des plus importants. Il est exactement contemporain de l'Angélus. Il représente une autre vision de la piété paysanne plus apaisée, plus laïque. Sa conservation dans une famille de grands amateurs d'art explique l'excellent état de conservation. C'est la première fois depuis longtemps qu'une œuvre importante de Millet fait le voyage d'Amérique en France. Le rôle du fond du patrimoine qui assure la moitié du financement de cette acquisition souligne l'intérêt du ministère de la culture pour le renforcement de la plus importante collection d'œuvre de Millet en dehors de Paris. Cette acquisition est rendue possible par le partenariat du Mercian Art Museum Karuizawa, partenariat qui a permis d'organiser l'exposition "Le Chemin de Millet" qui se déroulera du 18 juillet au 11 novembre 2001 Karuizawa à Nagano et dont une deuxième version sera présenté aux musées de Cherbourg en 2003. Ce tableau sera au cœur de la nouvelle salle Jean-François Millet des musées de Cherbourg-Octeville.

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