lundi 2 février 2009

MONTARGIS

Musée GIRODET
(département : Loiret)

Dernière visite du musée de Montargis en 2008.

Charmant petit musée conservant une admirable collection d'oeuvres de Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson. La municipalité mène une active et régulière politique d'enrichissement des collections.
Malheureusement, l'exigüité des salles ne permet d'exposer qu'une petite partie des collections. Après une longue attente, il semblerait que des travaux d'agrandissement aient été décidés.

Devant le musée :
"Le Chien de Montargis", d'après B. de Monfaucon, groupe en bronze par Gustave Debrie. Salon de 1875.
Un chien fut autorisé par Charles V à affronter l'assassin de son maître, Aubri de Montdidier, en jugement de Dieu pour mieux le confondre.

Dans l'entrée

Alexandre-Paul Lemariée (1836-1967) : Le Goûter du Jardinier. Un jeune garçon, assis sur une brouette, casse la croûte.

Dans l’escalier :

                         
Joseph-Ferdinand Lancrenon (1794-1874) : La Nymphe Orythie enlevée par Borée. (3 m x 2,38 m) (Métamorphoses d'Ovide) Borée, "l'ange" qui enlève fougueusement Orythie dans ses bras, est un beau jeune homme nu, vu de 3/4 arrière, en contre-plongée. Superbes fesses.- Portrait de Mlle Lancrenon. (Montargis)- Esquisse pour "Orphée aux enfers".
Antoine-Jean Gros : Agar et Ismaël (Montargis)

Anonyme de l'Ecole de Fontainebleau, d'après Le Rosso : Mars et Vénus servis par des Nymphes et des Amours. Un amour, sous les traits d'un adolescent, aide Mars à ôter son armure. A gauche, Vénus, allongée nue sur son lit, attend Mars.
Frans Francken II : Descente de croix. Petit panneau de 22 x 17 cm. Couleurs claires et lumineuses.
Adriaen van Ostade : Intérieur d'auberge.
Jan Abraham Beerstraten : La Bourse des bateliers à Amsterdam. (paysage)
Hieronymus Janssens (1624-93) : Galerie de tableaux visitée par des amateurs.
Deux grands tableaux (pendants), à la composition très proche.
Charles-Joseph Natoire (1700-1777) : La Vestale Tuccia portant le crible rempli d'eau pour prouver son innocence. Vestale de l'ancienne Rome. Accusée d'inceste, elle prouve son innocence en transportant de l'eau dans un crible d'airain, depuis le Tibre jusqu'au temple.

J. Charles Nicaise Perrin (1754-1831) : L'Amitié de Périclès pour Anaxagore. (néoclassique)
Anaxagore, philosophe grec, devient le maître et l'ami de Périclès. Ce dernier, parvenu à la tête du gouvernement, semble avoir oublié son vieux maître. Déçu, réduit à la misère, le philosophe se couche et attend la mort. Averti, Périclès se précipite à son chevet et le supplie de vivre pour lui prodiguer ses conseils. "Quand on a besoin d'une lampe, répond Anaxagore, on n'oublie pas d'y mettre de l'huile…"
S. Bernard Lenoir (1729-89) : Portrait du Dr Trioson. (pastel)
Jacques-Louis David : Portrait du dauphin en 1789. (dépôt du musée de Narbonne)
Joseph Vernet (1714-89) : Marine. Effet de soleil.


Francesco Solimena (1657-1747) : Assomption de la Vierge.
Toile de taille moyenne (134 x 101). Belle composition, vue en forte contre-plongée. Mouvement ascendant provoqué par les personnages échelonnés sur les marches de l'escalier conduisant à la Vierge. Au premier plan à droite, un brûle parfum. Très bien peint, coups de pinceau sûrs et élégants, les plis des vêtements sont faits d'un seul mouvement de la main ; beaux raccourcis.
Raffaello Rinaldi : Thermes antiques. Effet de perspective d'une architecture, sans personnages.


Francisco de Zurbaran (1598-1664) : St Jérôme pénitent.
Beau tableau. St Jérôme, agenouillé, de face ; tête de profil, le regard orienté vers le coin supérieur droit. Opposition entre le vêtement rouge vif qui couvre la partie inférieure de son corps, et le corps vigoureux, mais vieilli, un peu décharné, qui en jaillit. Dans sa main droite, il tient une pierre ; de sa main gauche, il s'appuie sur un crucifix. A D., une tête de lion surgit de l'ombre. Un crâne, dans le coin inférieur droit.
Ancienne collection Soult. Don de la duchesse de Dalmatie.
Giovanni Peruzzini : St Jérôme.
Anonyme. Ecole bolonaise (XVIIe) : St Sébastien.
Un jeune homme assis (plan serré), tenant une poignée de 5 flèches dans sa main gauche. Beau garçon souriant ! (Un saint Sébastien peu convaincant…)
Louis de Silvestre (1675-1760) : La Fuite en Egypte – La Visitation.
Deux toiles autrefois attribuées à Louis de Boullogne. Peintes pour l’oratoire de la dauphine à Versailles. (Elles ont été rendues à Louis de Silvestre par François Marandet)

Œuvre non exposée :
Auguste Borget : Fête religieuse dans l'Inde. (1850) (V. Châteauroux)


Salle Girodet.
Le peintre a eu pour protecteur et ami le Dr Trioson qui l’a adopté après la mort de son propre fils. A la mort du Dr Trioson, Girodet a hérité le château des Bourgoins (Amilly) où il a vécu.
"Le château "Les Bourgoins", visible de la route, était à l'origine le domaine des Bourgoins - Il faisait partie du couvent des Dominicaines de Montargis tout proche de Montargis, fondé par Amicie, fille de Simon de Montfort et épouse de Gauthier II de Courtenay - Sur les ruines du manoir de la seigneurie des Bourgoins, s'éleva par la suite, une maison d'époque Louis XIV que vendirent les religieuses - Le docteur Trioson, médecin des armées du roi, acquit le domaine, fit raser la maison, après en avoir relevé les plans, et fit construire en 1775 l'élégante maison de style Louis XVI qui existe encore aujourd'hui - Le docteur Trioson légua ce château à son fils adoptif, le peintre Girodet-Trioson, dont les initiales G.T. se retrouvent sur la grille et les balcons - Au fronton de la grille, on trouve la devise : "Libertatis exoneratae recessus" - Au dessus des entrées du château, on lit : côté nord : "Nec plus nec minus" ; côté sud : "Paix et peu" - Girodet résida souvent aux Bourgoins et y recevait - N'ayant pas d'enfant, Girodet légua son domaine à sa nièce Rosine Becquerel Despreaux, qui le transmit à ses descendants - En 1900, ces derniers vendirent le château en emmenant à Chenevrières, meubles et collections à l'exception de la bibliothèque qui fut vendue à son tour par le propriétaire suivant en 1923".

Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson dit Girodet-Trioson (1767-1824) : Elève de David. Grand Prix de l’Académie en 1789. (Prix de Rome)
Le fonds Girodet, très important, comporte 27 peintures, et plusieurs centaines de dessins.
Plusieurs dessins :
Portrait d'un jeune homme au col ouvert. Beau dessin au crayon, romantique – Etude pour ‘’la Révolte du Caire’’.
Académie d’homme assis : une étude au fusain (superbe) – une sanguine.
Dessin préparatoire d’ensemble pour ‘’Joseph reconnu par ses frères’’. La composition, orientée vers la gauche, sera inversée dans le tableau définitif.
Dessin préparatoire pour ‘’Joseph reconnu par ses frères’’ (détail) : groupe de trois hommes nus orientés vers la droite. (au premier plan de la composition finale)

Peintures :

Napoléon 1er en grand costume impérial (1812). Debout, en pied, couronné de lauriers, le bras droit étendu au-dessus du globe d'or et du Code Napoléon (grand format : 253 x 180). Sur les 36 portraits commandés destinés aux cours de Justice, 26 ont été réalisés, mais seulement 6 sont connus.

Horace tuant sa soeur Camille (1785). Œuvre de jeunesse, néoclassique ; première peinture d’histoire de Girodet.


Scène de Déluge (146 x 115) : esquisse du tableau du Louvre.

Les Funérailles d'Atala (1814) : réplique grand format (210 x 280) du tableau du Louvre. Le tableau du Louvre date de 1808 ; la réplique de Montargis a été présentée au Salon de 1814 ; pour la distinguer Girodet a ajouté un léger collier de barbe à Chactas.
Etude pour la figure du Père Aubry. Religieux avec un capuchon, dans les "Funérailles d'Atala".
Le Sommeil d'Endymion. (90 x 117). Réplique réduite du tableau du Louvre.
L'Ombre d'Hector apparaît à Enée. (esquisse, 29 x 34) Par la fenêtre, placée dans le coin supérieur droit, on aperçoit Troie en flamme.
Scène d'Ossian. (41 x 33 cm) - L'Enlèvement d'Europe. (20 x 25)


Portrait de Mustapha Sussen (petite toile - 1819)

Un Indien. (145 x 113 cm) En costume oriental chamarré ; la main gauche appuyée sur le pommeau de son sabre.
Le Barde - Odalisque. Femme torse nu ; techn. mixte.
Etude pour la tête de "Galatée".
Mlle Lange en Danaé. Portrait "charge". Esquisse de petit format.
Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson : Plusieurs portraits d'hommes, amis proches.Portrait du Dr Trioson (ovale)
Portrait d’Antoine Girodet du Verger, frère de l’artiste (achat 2007)


Portrait du docteur Trioson (1790)


Portrait du Dr Trioson en redingote blanche. (vers 1802)


-Jeune enfant regardant des figures dans un livre. Premier portrait de Benoît-Agnès, fils du Dr Trioson. Beau et fin. (dit Romainville Trioson) (1797 - Salon de 1798)


Le docteur Trioson donnant une Leçon de Géographie à son Fils (1803). Benoît-Agnès est mort en 1804.


Portrait de François Ribes, médecin et chirurgien (1818)
-Portrait d’Hector Becquerel.
-Paysage d'Italie. Vue du Monte Solaro à Capri.
Girodet et J.-Pierre Péquignot : Chasseur dans un paysage.
J.-Pierre Péquignot (1765-1807) : Paysage des Apennins.

Paul Carpentier : Copie d’un autoportrait de Girodet.
Alexandre Menjaud (1773-1832) : Les Adieux de Girodet à son atelier.
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François-Louis Dejuinne (1784-1844) : Girodet peignant «Pygmalion et Galatée» en présence de Sommariva (1821 - achat 2007). Girodet, monté sur un petit escabeau, discute avec deux personnages dont le comte de Sommariva, commanditaire du Pygmalion et Galatée, pendant qu'il travaille à cette toile, déjà fort avancée. A droite, un modèle féminin se rhabille - ou se déshabille. La scène se déroule sous une lumière artificielle qui permettait à l'artiste de peindre la nuit tout en conservant un éclairage constant. Le musée Granet conserve un dessin de François-Marius Granet représentant La mort qui vient éteindre la lampe de Girodet pendant qu'il peignait la nuit.

Thomas de Barbarin : Horacio. (tiré de Shakespeare) (pastel).
Alexandre Antigna : Tête de jeune fille.
François Bonvin : Instruments de musique. (nature morte avec cor, violon, etc.)
J.-Baptiste Carpeaux : Esquisse en plâtre du groupe d'Ugolin. (grand bronze à Orsay)


Théodore Géricault (anciennement attr. à Triqueti) : Nature morte aux trois crânes.
Théodule-Augustin Ribot (1839-1916) : Le Cuisinier (petite toile) - Le Braconnier.
Charles-Josuah Chaplin (1825-91) : Le Château de cartes. Une Fillette portant une robe rose construit un château de cartes. Charmant.


Marc Gabriel Charles Gleyre (1806-1874) : La Dispersion des apôtres.
Pierre Nolasque Bergeret : La Mort du Titien.
Henri Pierre Picou (1824-95) : Le Songe d’Oreste.
Domenico Brusasorci (1516-67) : La Mort de Cléopâtre.
Ludovico Carracci : Le Christ couronné d’épines.
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Acquisition en 2009 - Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson (1767-1824) : Portrait de Colette Reiset (vers 1824)
La fondation Lefort-Beaumont (Institut de France) a apporté son concours au Musée Girodet pour l'acquisition d'un exceptionnel portrait féminin peint par Girodet-Trioson, intitulé « Portrait de Madame Reiset » (née Colette Désirée Thérèse Godefroy (1782-1850). Acquis pour 350 000 €.
Une réplique se trouve au Metropolitan de New York.

Henry de Triqueti (1804-74) : Ensemble de sculptures.
- Gisant du prince Ferdinand d'Orléans. Plâtre original grandeur nature ; le marbre se trouve dans la chapelle St Ferdinand (ou N.D. de la Compassion), à Paris (près de la place de la porte Maillot, 17e). Prince héritier, fils de Louis Philippe, mort en 1842 dans un accident de calèche.
- Maquette pour le Cénotaphe d'Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, prince consort d'Angleterre. Décédé en 1861. Gisant en terre cuite.
Buste médaillon de Girodet. Haut-relief en marbre. Beau.


Henry de Triqueti : Portrait de Juliette Ferrus à l'âge de 4 ans (1860)
Une profonde amitié lia le sculpteur Henry de Triqueti au médecin aliéniste Guillaume Ferrus, père de Juliette.


Ensemble très important (fonds d'atelier) de plâtres originaux des décorations de la chapelle Wolsey du château de Windsor.
Vue d'ensemble des plâtres originaux pour la décoration de la chapelle Wolsey, avec le gisant du prince Albert au premier plan. (présentés à l'occasion d'une exposition temporaire)

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Henri de Triqueti (1803-1874) : La Royauté en deuil (1871-72). Maquette pour une figure de niche du cénotaphe du prince Albert au château de Windsor.


Une belle collection de petits bronzes de :
En haut à droite - Marie d'Orléans : Jeanne d'Arc.
En bas à gauche - James Pradier : Ferdinand, duc d'Orléans.
En bas à droite - J.-François Théodore Gechter : Louis-Philippe en costume de sacre.

J.-François Théodore Gechter : François 1er à la chasse – La Prière - Bacchante au repos.


J.-Jacques Feuchère : "Satan".
J.-Jacques Feuchère :Encrier au diable - Femme charmant un serpent.
Léda et le Cygne - Benvenuto Cellini – Léonard de Vinci.


J.-Jacques Pradier, dit James Pradier : Le duc d’Orléans (Ferdinand).
Sapho Jeune chasseur. Ado déhanché tenant à bout de bras un chevreuil.
Jean-Auguste Barre : La duchesse de Fitz-James.
Antonin Moine : Pêcheur endormi.

Baron Carlo Marochetti (1805-67) : Réduction du monument équestre à la reine Victoria de Glasgow (c. 1854). Bronze - 64 cm.
-La Mort d’un Ami. Orientaliste.


Etienne-Hippolyte Maindron (1801-84) : Autoportrait au ciseau et au maillet. Marbre (46 cm). Oeuvre acquise par la Société du musée Girodet et offerte au musée en 2000.
-Velléda (bronze).
J.-Pierre David, dit David d’Angers : La Liberté.
Jacques-Auguste Fauginet : Chasseur africain combattant une lionne.
J.-Baptiste Carpeaux : Etude en terre cuite pour le groupe d’Ugolin.
Christophe Fratin (1800-64) : Coupe aux Ours.
Félicie de Fauveau : Dague avec fourreau représentant une scène d‘Othello.
(autre dague au Louvre : Dague provenant de la grande duchesse de Russie, Marie Nicolaïevna.)

Dessins de Girodet :
Académies d’hommes : un fusain, une sanguine. Très beaux.
Etudes préparatoires de tableaux.


Un objet amusant :
Pendule à l'iconographie de "La Révolte du Caire". Reprise d'un détail du célèbre tableau de Girodet. 


Juin 2016 : Graves inondations à Montargis - les collections du musées partiellement endommagées.
Voir le reportage de "La Tribune de l'Art"




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